Etre prêt au bon moment ?
"Je ne suis pas encore prêt(e)", ... "Je ne me sens pas prêt(e)", ... "Quand je serai prêt(e) ... ", combien de fois peut-on entendre ces expressions dans notre entourage et aussi de notre propre bouche ? En général, suite à des phrases du genre :"Ah, il faut qu'on se mette au point avec untel au sujet de ... ", " Notre projet ? non, ça ne va pas, il faut qu'on en parle, ...", " Oui, je sais, il faut que je lui demande, mais ...", "Bon, cette fois, c'est sûr! il faut que je lui annonce, mais ..."
Concrètement, "qu'est-ce que je vais bien pouvoir trouver pour ne pas faire ce que j'ai la sensation de devoir faire ?" Comme disent les taoïstes, "il y a des milliers de raisons de ne pas faire une chose, et une seule bonne raison suffit pour la faire.Laquelle de ces raisons vais-je écouter ? C'est pourquoi, Agir est facile, ne pas agir est difficile".
Ne pas agir, c'est parfois renoncer à exprimer ce qui nous tient à coeur; cela peut être la formulation d'une demande (une augmentation de salaire, une promotion, une mutation, un changement d'attitude, de direction, d'état d'esprit, ...), ce peut être une action (contacter une personne, manifester son désaccord ou sa désapprobation, faire quelque chose d'inhabituel ou de complètement nouveau, oser, tenter, ...). Souvent, il ne s'agit que de s'affirmer, dire qui on est, par une parole ou par une action.
Parfois, ne pas agir, c'est déjà agir. C'est faire le choix de ne pas agir pour ne pas modifier le cours des choses. Dans ce cas, il s'agit d'un choix affirmé.
Dans les autres cas, cela peut créer en nous une séparation. Une partie de nous veut une chose, l'autre partie la refuse. Cette séparation va entraîner une souffrance morale d'abord, puis physique par somatisation.
Plus le besoin de dire ou de faire est fort, plus la sensation de séparation (d'une partie de soi-même) sera forte. La question sera donc "Combien de temps puis-je tenir dans ces conditions ?" L'énergie mobilisée pour endiguer la pression va abaisser le niveau général de tonus, de vitalité, de concentration. Les mouvements seront moins fluides, le corps moins relâché. Les accidents du travail , la maladie, les "TMS" (troubles musculo-squelettiques), la dépression et autres événements négatifs pourront survenir plus facilement.
Agir est facile. Toute l'énergie bloquée sur le facteur empêchant l'action va se trouver libérée par l'action. Cela procure immédiatement une sensation de mieux-être, de fluidité avec la vie. Vous avez récupéré votre potentiel, vous êtes à nouveau le metteur en scène de votre vie et l'acteur en même temps.
Placez-vous maintenant en spectateur! L'acteur qui joue votre rôle n'est-il pas plus crédible aux yeux des observateurs et autres acteurs de la scène ? Ne rayonne-t'il pas plus ? Ne se serait-il pas redressé physiquement ? Sa respiration ne serait-elle pas plus profonde et harmonieuse ? Ne serait-il pas un meilleur partenaire pour les autres ?
Comment ? Juste parce qu'il a dit qui il était, et que maintenant les autres savent exactement qui il est. Ils se posent donc moins de questions, supposent moins de choses, et lui font confiance pour leur faire savoir ce qu'ils ont besoin de savoir en temps utile. Leur relation va s'en trouver grandement facilitée par plus de clarté. Vous ne trouvez pas ? Comment faire pour être prêt ? Facile ... décidez-le ! Maintenant !
Mais, ... et le bon moment ?
Nul besoin d'être coach ou formateur pour se poser la question suivante: "j'ai quelque chose à annoncer maintenant à "untel", me suis-je assuré de l'avoir mis dans les conditions optimum pour recevoir le message vu le contexte ? " Autrement dit, la forme est aussi importante (voire plus importante), que le fond. "Ce qui est important n'est pas ce qu'on fait, mais plutôt la façon dont on le fait".
Il est évident que si vous attendez que votre mari ou compagnon soit perché un pied sur une chaise, l'autre sur la table, tout ça pour changer une ampoule, et sans couper le courant s'il vous plait, pour lui annoncer que "vous avez l'intention de le quitter, mais que vous souhaiteriez que cela s'effectue dans le calme et la considération de l'autre", (chose qui n'a peut-être jamais été possible durant vos 25 années de vie commune)... il y a peu de chance que vous receviez un message d'encouragement voire de neutralité.
Plutôt, préparez vos mouchoirs (pour éponger le sang après sa chute), des instruments en bois contondant (pour lui faire une attele, pas pour l'achever), et échauffez vous bras et joues pour le massage cardiaque et le bouche-à-bouche.
Rassurez-vous, vous aurez les 10 prochaines années pour lui annoncer ce que vous vouliez lui dire, tout en le poussant dans son fauteuil roulant, et l'attente effacera peut-être votre sensation de culpabilité. De toute façon, le choc (celui de sa tête sur le carrelage) aura été tellement violent qu'il ne se souvient même pas de ce que vous lui aviez annoncé.
Simplement, peut-être aurait-il été possible soit d'attendre qu'il redescende, soit de lui demander de descendre, tout en lui expliquant que vous aviez une chose importante à lui dire. Préciser qu'il s'agit de queqlue chose qui vous engage tous les deux et que cela réclame toute son attention. Lui laisser le loisir d'accepter tout de suite ou de remettre à plus tard en définissant précisemment le "plus tard" : à quel moment aujourd'hui ? (pas demain !) La formulation et la présentation restent un autre sujet.
Mais vous aurez mis le "receveur" dans les moins mauvaises conditions (les meilleures vu le contexte) au moment d'émettre votre message.
Une chose est sûre: si vous attendez d'être prêt(e) et que l'autre soit prêt(e), alors vous risquez d'attendre longtemps et d'être déçu(e) sur la faisabilité de vos objectifs. (Cela est valable bien sûr pour tout ce qui ne nécessite pas l'acquisition d'une nouvelle technique.)
En conclusion, le bon moment c'est ... "maintenant !" Alors... êtes-vous prêt(e) ?
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